Serveur en auto-entreprise : possible

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Le secteur de la restauration connaît une transformation profonde de ses modes d’organisation du travail. Face aux besoins ponctuels croissants et à la recherche de flexibilité, de nombreux professionnels du service optent pour le statut d’auto-entrepreneur. Cette évolution répond à la fois aux attentes des établissements qui recherchent des renforts pour leurs événements et aux aspirations des serveurs qui souhaitent maîtriser leur planning. Le métier de serveur indépendant s’impose progressivement comme une alternative crédible au salariat traditionnel, offrant autonomie professionnelle et diversité des missions. Pourtant, ce choix implique de nombreuses obligations légales, fiscales et administratives qu’il convient de maîtriser parfaitement avant de se lancer.

Cadre juridique du statut auto-entrepreneur pour l’activité de serveur

L’exercice de l’activité de serveur sous le régime de la micro-entreprise s’inscrit dans un cadre juridique précis que tout professionnel doit respecter scrupuleusement. Contrairement à une idée reçue, devenir serveur auto-entrepreneur ne se résume pas à créer une structure en ligne : cela nécessite de comprendre les subtilités du droit commercial et du droit du travail pour éviter les écueils juridiques majeurs.

Code APE 5630Z et déclaration URSSAF pour la restauration

Lors de votre déclaration d’activité, l’administration vous attribuera généralement le code APE 56.21Z correspondant aux services des traiteurs. Ce code identifie précisément votre secteur d’activité et détermine votre rattachement à la Chambre de Commerce et d’Industrie plutôt qu’à la Chambre des Métiers. La déclaration s’effectue exclusivement via le guichet unique géré par l’URSSAF, qui centralise désormais l’ensemble des formalités depuis janvier 2023. Cette centralisation simplifie considérablement les démarches administratives pour les nouveaux auto-entrepreneurs. Vous recevrez votre numéro SIRET sous 8 à 15 jours, document indispensable pour facturer légalement vos prestations. L’attribution de ce code ne nécessite aucun diplôme spécifique pour l’activité de service en salle, contrairement à certaines professions réglementées.

Limites du chiffre d’affaires annuel en prestations de services BIC

Le régime de la micro-entreprise impose des plafonds de chiffre d’affaires stricts que vous devez surveiller attentivement. Pour les prestations de services commerciales comme le service en restauration, le seuil est fixé à 77 700 euros annuels depuis 2025. Ce montant représente votre chiffre d’affaires encaissé, non votre bénéfice réel. Un dépassement de ce plafond pendant deux années consécutives entraîne automatiquement votre basculement vers un régime réel d’imposition, avec des obligations comptables considérablement alourdies. Entre 77 700 et 85 470 euros, vous bénéficiez d’une période de tolérance d’un an avant ce basculement. Au-delà de 85 470 euros, le changement de régime s’applique dès le 1er janvier de l’année de dépassement. Cette contrainte peut sembler limitante pour les serveurs particulièrement actifs, mais elle garantit la simplicité administrative du statut.

Différenciation entre serveur indépendant et salarié selon le code du travail

La frontière entre travail indépendant et salariat déguisé constitue l’enjeu juridique majeur pour tout serveur auto-entrepreneur. Le Code du travail définit

la relation salariale comme l’exécution d’un travail sous un lien de subordination juridique permanent, caractérisé par le pouvoir de donner des ordres, d’en contrôler l’exécution et de sanctionner les manquements. À l’inverse, le serveur indépendant reste libre de l’organisation de ses missions, fixe ses conditions d’intervention et peut refuser une prestation sans encourir de sanction disciplinaire. Les juges examinent un faisceau d’indices : horaires imposés, intégration dans une équipe salariée, fourniture du matériel, facturation au nombre d’heures, exclusivité avec un seul établissement, antécédent de contrat de travail avec le même employeur. Plus ces éléments sont réunis, plus le risque de requalification en contrat de travail est élevé, avec à la clé un redressement URSSAF et le paiement rétroactif des cotisations sociales. Pour sécuriser votre statut de serveur auto-entrepreneur, veillez à travailler pour plusieurs clients, à utiliser votre propre matériel de service (tenues, chaussures, tire-bouchon, carnet de commandes numérique, etc.) et à formaliser vos interventions par des devis détaillés plutôt que par de simples plannings d’horaires.

Obligations déclaratives auprès de la chambre de commerce et d’industrie

En tant que serveur indépendant, vous exercez une activité commerciale de prestations de services relevant des BIC (bénéfices industriels et commerciaux). À ce titre, vous êtes rattaché à la Chambre de Commerce et d’Industrie (CCI), même si vos formalités passent désormais par le guichet unique en ligne. Concrètement, lors de la création de votre micro-entreprise, le CFE compétent sera la CCI, qui enregistrera votre activité au Registre National des Entreprises. Vous n’avez plus, en principe, à vous déplacer physiquement, mais il reste fortement conseillé de prendre rendez-vous avec un conseiller CCI pour valider le bon choix de votre activité et de votre code APE, surtout si vous cumulez service en salle et petite restauration ou traiteur.

Après immatriculation, certaines CCI proposent un stage ou un module d’information gratuit ou peu coûteux consacré à la gestion d’une micro-entreprise dans la restauration. Même s’il n’est pas obligatoire, ce type d’accompagnement vous aide à anticiper vos charges, à fixer vos tarifs et à comprendre vos premiers courriers administratifs (INSEE, URSSAF, impôts). Par ailleurs, vous devrez mettre à jour votre dossier auprès de la CCI en cas de modification importante de votre activité : ajout d’une activité de traiteur, passage d’un simple service en salle à l’exploitation régulière d’un bar à cocktails mobile, déménagement de votre adresse professionnelle, etc. Le non-respect de ces obligations peut compliquer vos relations avec l’administration fiscale et sociale, notamment en cas de contrôle.

Qualifications professionnelles et certifications requises pour exercer

Sur le plan strictement légal, aucune qualification n’est imposée pour devenir serveur en auto-entreprise. Toutefois, le secteur de la restauration reste très exigeant en termes de savoir-faire et de respect des normes d’hygiène et de sécurité. Pour vous différencier sur un marché de plus en plus concurrentiel, disposer de certifications reconnues constitue un véritable atout commercial. Elles rassurent à la fois vos clients professionnels (restaurants, traiteurs, hôtels) et vos clients particuliers (mariages, réceptions privées), qui cherchent des prestataires fiables et immédiatement opérationnels.

Permis d’exploitation et formation hygiène alimentaire HACCP obligatoire

Le serveur auto-entrepreneur n’est pas systématiquement tenu de détenir un permis d’exploitation. Ce document devient obligatoire dès lors que vous exploitez un débit de boissons (bar éphémère, bar mobile, service de boissons alcoolisées en autonomie) ou que vous êtes titulaire de la licence de l’établissement dans lequel vous servez. Si vous intervenez uniquement comme renfort au sein de structures déjà licenciées, le permis d’exploitation reste à la charge du gérant. En revanche, si vous proposez, par exemple, un service de bar à cocktails clé en main sur événement, vous devrez suivre cette formation de 2 à 3 jours dispensée par des organismes agréés et obtenir un permis valable 10 ans.

La formation en hygiène alimentaire de type HACCP est, quant à elle, quasi incontournable dès que vous manipulez des denrées alimentaires (dressage d’assiettes, gestion de buffets, service de plats préparés par vos soins). Elle est obligatoire pour au moins une personne dans chaque établissement de restauration commerciale. Si vous intervenez régulièrement en cuisine ouverte, en buffet ou en traiteur à domicile, disposer de votre propre attestation HACCP est un argument décisif pour obtenir des missions. Cette formation présente les bonnes pratiques de conservation, de température, de traçabilité et de nettoyage, essentielles pour éviter tout risque d’intoxication alimentaire. On peut la comparer à une ceinture de sécurité : elle ne vous empêche pas de conduire, mais elle limite drastiquement les conséquences en cas de problème.

Attestation de compétences en service en salle et protocole hôtelier

Au-delà des obligations réglementaires, de nombreuses écoles hôtelières et organismes de formation proposent des attestations de compétences en service en salle et en protocole hôtelier. Ces modules, souvent de courte durée, abordent les techniques de port de plateaux, le service à l’assiette, le service au guéridon, les règles de préséance, la gestion d’un rang, la communication avec la cuisine et les fondamentaux de la relation client. Pour un serveur auto-entrepreneur, ces attestations constituent un véritable passeport professionnel, en particulier pour travailler dans des établissements de standing ou sur des événements haut de gamme.

Concrètement, mentionner ces formations sur votre CV et sur vos profils en ligne (plateformes d’extras, réseaux sociaux professionnels) permet aux recruteurs de vérifier rapidement votre niveau technique. Cela peut faire la différence face à un autre candidat qui n’a qu’une expérience informelle. De plus, certains traiteurs ou hôtels exigent ces preuves de compétences pour des missions sensibles, comme le service lors de banquets VIP, de galas d’entreprise ou de séminaires internationaux. Pensez à conserver précieusement vos attestations et à les numériser, afin de pouvoir les envoyer facilement lors de vos candidatures.

Certification CQP serveur en restauration délivrée par la branche

Le CQP Serveur en restauration (Certificat de Qualification Professionnelle) est une certification de branche reconnue par les professionnels de l’hôtellerie-restauration. Elle atteste d’un socle de compétences opérationnelles en service en salle : accueil, mise en place, prise de commande, service des mets et des boissons, encaissement, gestion des réclamations. Bien que non obligatoire pour exercer en micro-entreprise, ce CQP constitue une véritable garantie de professionnalisme. Il est particulièrement apprécié par les grands groupes hôteliers, les chaînes de restauration et les traiteurs événementiels haut de gamme, qui ont besoin de s’appuyer sur des serveurs immédiatement autonomes.

Pour un serveur auto-entrepreneur, détenir un CQP équivaut, en quelque sorte, à disposer d’un label de qualité. Vous pouvez le mettre en avant dans vos argumentaires commerciaux, sur votre site ou vos plaquettes, au même titre qu’un plombier indépendant valorise une qualification RGE. La certification peut être obtenue après une formation dédiée ou via une VAE (validation des acquis de l’expérience) si vous justifiez déjà d’un nombre suffisant d’heures de pratique. Cette démarche demande un peu de temps, mais elle renforce votre crédibilité et peut justifier des tarifs plus élevés, notamment sur les événements qui exigent une image irréprochable.

Modèles de facturation et gestion comptable spécifique au service

Le statut d’auto-entrepreneur simplifie considérablement la comptabilité par rapport à une société classique. Néanmoins, le serveur indépendant doit respecter un certain nombre de règles en matière de facturation, de déclaration de chiffre d’affaires et, le cas échéant, de TVA. Une bonne organisation dès le départ vous évitera de nombreux écueils : oublis de déclarations, erreurs de calcul de cotisations, factures non conformes en cas de contrôle. L’objectif est de mettre en place une routine simple, mais rigoureuse, adaptée à la nature très fractionnée des missions de service en restauration.

Taux de cotisations sociales à 22% pour les prestations de services commerciales

Les cotisations sociales du serveur en micro-entreprise relèvent de la catégorie des prestations de services commerciales BIC. Le taux en vigueur tourne autour de 22 % de votre chiffre d’affaires encaissé (hors éventuelle contribution supplémentaire pour la formation professionnelle), avec de légères variations possibles selon les années. Concrètement, si vous encaissez 2 000 euros sur un mois, vous devrez prévoir environ 440 euros de cotisations sociales à régler à l’URSSAF, en plus de vos impôts sur le revenu. Il ne s’agit pas d’un pourcentage de votre bénéfice, mais bien d’un pourcentage de l’intégralité des sommes facturées, pourboires obligatoires compris.

Comme vous ne pouvez pas déduire vos frais professionnels (tenues, déplacements, matériel), il est essentiel d’intégrer ce taux de 22 % dans votre politique tarifaire. Une bonne pratique consiste à réserver mentalement, dès l’encaissement, un « quart » de chaque facture sur un compte séparé (ou une sous-enveloppe) pour ne pas être pris de court au moment du règlement trimestriel ou mensuel. Cette habitude joue un peu le rôle d’une tirelire fiscale : elle ne vous enrichit pas, mais elle vous évite les mauvaises surprises de trésorerie.

Facturation au forfait événementiel versus prestation horaire

En tant que serveur auto-entrepreneur, vous avez le choix entre plusieurs modes de facturation, qui influencent directement votre positionnement et votre relation avec le client. La facturation horaire (par exemple 18 € ou 25 € de l’heure) reste la plus simple à comprendre pour les restaurateurs et traiteurs habitués au salariat. Elle facilite aussi la comparaison entre différents prestataires. Toutefois, elle peut brouiller la frontière avec le contrat de travail si elle s’accompagne d’horaires strictement imposés et d’une intégration complète à l’équipe salariée.

La facturation au forfait événementiel (par service, par journée ou par type de prestation) vous permet de mieux affirmer votre statut de prestataire indépendant. Vous pouvez, par exemple, proposer un forfait « service mariage » incluant la mise en place, le service du cocktail et du dîner, puis le rangement, pour un montant global. Ce mode de facturation valorise davantage votre expertise globale plutôt que votre simple temps de présence. Il nécessite, en contrepartie, de rédiger des devis précis indiquant la durée estimée, le nombre de convives, le type de service et les éventuelles options (bar à champagne, service au plateau, gestion du vestiaire). Dans tous les cas, vos factures doivent reprendre les mentions légales obligatoires : identité complète, SIRET, date, description de la prestation, prix HT, mention de la TVA ou de la franchise, délai de paiement.

Déclaration trimestrielle ou mensuelle du chiffre d’affaires sur autoentrepreneur.urssaf.fr

La déclaration de votre chiffre d’affaires se fait exclusivement en ligne, sur le portail dédié aux micro-entrepreneurs (autoentrepreneur.urssaf.fr ou via l’espace indépendant de l’URSSAF). Lors de la création de votre activité, vous choisissez une périodicité de déclaration : mensuelle ou trimestrielle. La déclaration mensuelle offre un meilleur suivi de votre activité et vous évite d’accumuler plusieurs mois de cotisations, mais elle demande une discipline plus régulière. La déclaration trimestrielle, elle, procure davantage de souplesse si vos missions sont très saisonnières (par exemple, forte activité l’été et à la période des fêtes).

Dans le formulaire, vous renseignez simplement le montant total du chiffre d’affaires encaissé sur la période concernée, sans détailler chaque facture. L’URSSAF calcule automatiquement le montant des cotisations à payer en appliquant le taux correspondant à votre activité. Même si vous n’avez encaissé aucun revenu sur le mois ou le trimestre, vous devez effectuer une déclaration à zéro. L’oubli répété de déclarations peut entraîner des pénalités et, à terme, la radiation de votre micro-entreprise. Pour ne rien manquer, pensez à programmer un rappel dans votre agenda dès la création de votre activité.

Gestion de la TVA et franchise en base selon le seuil de 36 800 euros

Par défaut, le serveur en micro-entreprise bénéficie du régime de la franchise en base de TVA. Tant que votre chiffre d’affaires annuel reste en dessous du seuil de 36 800 euros (avec une marge de tolérance majorée), vous ne facturez pas la TVA à vos clients et vous ne la récupérez pas sur vos achats. Vos factures doivent alors comporter la mention obligatoire « TVA non applicable – article 293 B du CGI ». Ce régime allège considérablement votre gestion comptable et rend vos tarifs plus lisibles pour les particuliers et certains petits professionnels.

En revanche, si votre chiffre d’affaires dépasse ce seuil pendant deux années consécutives ou franchit le seuil majoré sur une année, vous devenez redevable de la TVA. Vous devrez alors la collecter sur vos factures (au taux normal de 20 % pour les prestations de service) et la reverser à l’administration, tout en pouvant récupérer la TVA sur vos propres dépenses professionnelles. Ce changement de régime transforme en profondeur votre comptabilité et vos relations tarifaires avec les clients. Avant d’atteindre ces seuils, il est donc utile de simuler différents scénarios et, éventuellement, de solliciter un expert-comptable ou un conseiller CCI pour choisir la meilleure option.

Prospection client et canaux d’acquisition pour serveurs indépendants

Se déclarer en auto-entreprise ne suffit pas à remplir son agenda : la clé de la réussite, pour un serveur indépendant, réside dans sa capacité à trouver régulièrement des missions bien rémunérées. Vous devez penser comme un véritable entrepreneur du service, en combinant plusieurs canaux d’acquisition : plateformes spécialisées, réseau local, partenariats professionnels, visibilité en ligne. L’idée n’est pas de tout faire en même temps, mais de tester progressivement différents leviers pour construire un portefeuille de clients fidélisés.

Plateformes de mise en relation comme staffy, brigad et extra

Les plateformes de mise en relation dédiées à l’hôtellerie-restauration et à l’événementiel se sont largement démocratisées ces dernières années. Des acteurs comme Brigad, Extracadabra, Staffy ou d’autres solutions locales permettent aux serveurs auto-entrepreneurs de recevoir des propositions de missions en temps réel. Le fonctionnement est souvent similaire : vous créez un profil détaillé (expérience, compétences, spécialités, certifications), vous indiquez vos disponibilités et votre zone géographique, puis vous postulez aux offres ou êtes automatiquement « matché » avec des établissements en recherche d’extras.

Ces plateformes représentent un excellent tremplin pour lancer votre activité, tester différents environnements (bistrots, brasseries, hôtels 4*, traiteurs événementiels) et élargir votre réseau sans démarche commerciale lourde. En contrepartie, elles prélèvent généralement une commission sur le montant de la mission, ce qui peut légèrement réduire votre tarif net. Il est donc pertinent de les considérer comme un canal parmi d’autres, surtout au démarrage, avant de développer davantage de relations directes avec des clients récurrents. Pensez à soigner votre réputation en obtenant des avis positifs après chaque mission : une bonne note moyenne augmente significativement vos chances d’être recontacté.

Partenariats avec agences événementielles et traiteurs professionnels

Au-delà des plateformes, les partenariats directs avec des agences événementielles et des traiteurs professionnels constituent un levier très puissant pour sécuriser un flux de missions régulières. Ces structures organisent tout au long de l’année des mariages, cocktails d’entreprise, congrès, lancements de produits ou soirées privées, pour lesquels elles ont besoin de renforts de service fiables. En vous présentant comme serveur indépendant sérieux, ponctuel et bien formé, vous pouvez devenir l’un de leurs interlocuteurs privilégiés pour constituer des brigades événementielles.

La prospection se fait souvent de manière simple mais efficace : prise de contact par e-mail avec un CV et une courte présentation, relance téléphonique, passage en personne lorsque c’est possible pour rencontrer les responsables d’exploitation. Vous pouvez, par exemple, proposer une première mission test à un tarif légèrement ajusté, en échange de la possibilité d’être rappelé régulièrement si tout se passe bien. À terme, ces partenariats vous permettront de lisser la saisonnalité de votre activité et de mieux anticiper vos plannings, notamment sur les périodes de forte demande (mai–septembre et fin d’année).

Positionnement sur les mariages, réceptions privées et séminaires d’entreprise

Certains serveurs indépendants choisissent de se spécialiser sur des segments très précis : mariages, réceptions privées haut de gamme, séminaires d’entreprise, événements sportifs, etc. Cette stratégie de niche peut s’avérer payante si vous adaptez votre communication et vos offres à ces contextes spécifiques. Par exemple, un positionnement « serveur spécialisé mariages » implique de maîtriser les codes de ce type d’événement (coordination avec le wedding planner, gestion du timing, sens aigu du relationnel avec les familles) et d’en parler sur vos supports de présentation.

Pour les réceptions privées et les séminaires, votre capacité à incarner une image professionnelle, discrète et bilingue (au moins en anglais) fera souvent la différence. Vous pouvez créer un petit portfolio avec des photos de mise en place (en respectant le droit à l’image des clients), des exemples de menus servis, des témoignages de particuliers ou de responsables RH d’entreprise. Ce matériel servira de vitrine lorsque vous répondrez à des demandes de devis directes, via votre site, vos réseaux sociaux ou le bouche-à-oreille. Petit à petit, vous construirez une marque personnelle, ce qui est l’une des grandes forces du statut de serveur en auto-entreprise.

Assurances professionnelles et protection juridique indispensables

L’activité de serveur indépendant vous expose, comme toute activité de restauration, à des risques concrets : chute d’un client sur un sol mouillé, casse de matériel de grande valeur, réaction allergique après un service de plat, accident sur le trajet d’un événement, litige avec un donneur d’ordre sur une facture impayée, etc. Sans une couverture assurantielle adaptée, ces incidents peuvent rapidement mettre en péril votre micro-entreprise et votre patrimoine personnel. Il est donc crucial de ne pas se limiter aux seules cotisations URSSAF et d’intégrer, dès le départ, un budget « assurance » dans vos charges de fonctionnement.

Responsabilité civile professionnelle pour les dommages matériels et corporels

La responsabilité civile professionnelle (RC Pro) constitue l’assurance de base pour un serveur auto-entrepreneur. Elle couvre les dommages matériels, immatériels et corporels que vous pourriez causer à des tiers dans le cadre de vos prestations : renverser un plateau de verres sur le matériel d’un DJ, faire tomber un invité en manœuvrant dans un espace restreint, détériorer un sol ou une nappe coûteuse avec un produit colorant, etc. Même si certains établissements disposent déjà de leur propre assurance, il est risqué de compter uniquement sur leur couverture, car celle-ci ne vous protège pas nécessairement en tant que prestataire externe.

Le coût d’une RC Pro pour un serveur indépendant reste généralement modéré, surtout si l’on compare avec le montant potentiel d’une indemnisation en cas d’accident grave. Certaines plateformes de mise en relation incluent d’ailleurs une couverture de base dans leurs services, mais elle ne vous couvre que pour les missions réalisées via leur interface. Pour toutes les autres prestations obtenues en direct, votre propre contrat RC Pro prendra le relais. Avant de signer, lisez attentivement les exclusions (alcool, événements de grande envergure, travail à l’étranger) et ajustez les garanties à votre réalité professionnelle.

Garantie décennale non applicable mais protection juridique recommandée

Contrairement aux métiers du bâtiment, le serveur indépendant n’a pas besoin de souscrire une garantie décennale, qui couvre les dommages affectant un ouvrage sur dix ans. Cette assurance est totalement inadaptée à la nature ponctuelle et immatérielle de la prestation de service en restauration. En revanche, une protection juridique professionnelle peut s’avérer très utile pour faire face aux litiges du quotidien : contestation d’une facture par un client, désaccord sur l’étendue d’une mission, problème de requalification en salariat, conflit avec un organisme social ou fiscal.

La protection juridique fonctionne un peu comme un avocat préventif et mutualisé : en contrepartie d’une cotisation annuelle, vous accédez à un service d’information juridique, à une prise en charge partielle des honoraires d’avocat et, parfois, à une assistance en cas de contrôle URSSAF. Pour un serveur auto-entrepreneur qui commence à travailler avec de nombreux donneurs d’ordre, ce type de contrat apporte une réelle sérénité. Il vous évite de renoncer à défendre vos droits par crainte des coûts juridiques, notamment en cas de factures impayées ou de rupture brutale de relations commerciales.

Complémentaire santé et prévoyance pour travailleurs non-salariés TNS

En tant que travailleur non salarié (TNS), vous relevez du régime général pour votre couverture maladie de base, mais vous ne bénéficiez pas automatiquement des mêmes avantages qu’un salarié en matière de mutuelle et de prévoyance. Compte tenu de la pénibilité possible du métier de serveur (horaires décalés, station debout prolongée, port de charges, déplacements fréquents), souscrire une complémentaire santé spécifique aux TNS est vivement recommandé. Elle complétera les remboursements de la Sécurité sociale pour vos consultations, soins dentaires, optiques et, le cas échéant, hospitalisations.

La prévoyance, quant à elle, vous protège en cas d’arrêt de travail prolongé, d’invalidité ou de décès. Sans contrat de prévoyance, une blessure ou une maladie un peu longue peut rapidement assécher votre trésorerie, car vos revenus dépendent directement de votre capacité à assurer des services. Une bonne prévoyance agit comme un filet de sécurité sous le funambule : elle ne vous empêche pas de tomber, mais elle amortit la chute et vous permet de repartir. De nombreux assureurs proposent des packs combinant RC Pro, protection juridique, santé et prévoyance, à des tarifs adaptés aux micro-entrepreneurs.

Différences opérationnelles entre auto-entreprise et portage salarial

Pour exercer comme serveur indépendant, le statut de micro-entrepreneur n’est pas la seule option. Le portage salarial constitue une alternative intéressante pour certains profils, notamment ceux qui souhaitent bénéficier d’une protection sociale proche de celle d’un salarié tout en conservant une forme d’autonomie commerciale. Comprendre les différences opérationnelles entre ces deux cadres vous aidera à choisir le modèle le plus adapté à votre projet, à votre appétence pour l’administratif et à votre niveau de risque acceptable.

En auto-entreprise, vous facturez directement vos clients, encaissez l’intégralité de votre chiffre d’affaires, puis réglez vos cotisations sociales et vos impôts. Vous êtes seul maître à bord pour la prospection, la négociation des tarifs, la gestion de la facturation, des relances et des déclarations. La contrepartie de cette liberté est une protection sociale plus limitée (pas d’assurance chômage, prévoyance à souscrire soi-même) et un risque juridique plus important en cas de mauvaise qualification de la relation de travail. Ce modèle convient particulièrement aux serveurs qui veulent construire une véritable activité indépendante à moyen terme, avec un portefeuille diversifié de clients récurrents.

En portage salarial, vous signez un contrat de travail avec une société de portage. C’est elle qui facture vos clients, encaisse les honoraires et vous reverse un salaire mensuel après avoir déduit les charges sociales et ses frais de gestion. Vous bénéficiez alors du régime général des salariés (assurance chômage, retraite, mutuelle de groupe, prévoyance) tout en conservant une certaine autonomie dans le choix de vos missions et de vos partenaires. En revanche, vos revenus nets sont généralement inférieurs à ceux d’une micro-entreprise pour un même montant facturé, en raison des charges et des frais de portage.

Dans la pratique, le portage salarial est encore peu répandu dans le secteur de la restauration, mais il commence à apparaître pour des profils très qualifiés (chefs à domicile, consultants en restauration, formateurs, responsables d’événementiel). Pour un simple poste de serveur, l’auto-entreprise reste le cadre le plus fréquent et le plus simple à mettre en œuvre. Rien ne vous empêche toutefois, au fil de votre carrière, de passer d’un modèle à l’autre ou de combiner plusieurs statuts (salariat classique à temps partiel et micro-entreprise en complément, par exemple), à condition de bien respecter les règles de non-concurrence et de compatibilité entre vos différentes activités.

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