« A qui sait comprendre, peu de mots suffisent »

(Proverbe français)

    Le monde est divisé en 2 catégories : ceux qui maitrisent l’art du dialogue et les autres. Figurez-vous que les personnes performantes dans cet exercice progressent plus vite au sein d’une entreprise, sont plus épanouis dans leur couple, avec leur voisinage….
    Avouons-le tout de suite, certaines personnes sont naturellement douées. mais heureusement, tout s’apprend à force de travail. Pour vous aider, je vais vous donner quelques clés pour réussir vos conversations capitales.

Nous avons tous connus des conversations compliquées durant lesquelles aucune des parties ne semble accepter le point de vue de l’autre. Des tensions apparaissent alors avec leur lot de propos parfois regrettables. Afin de ne pas en arriver là ou de recentrer les débats, la première chose à faire est de comprendre l’autre. Voyons comment en détail.

1. Pour comprendre l’autre, il faut d’abord se comprendre

    Au cours des conversations sensibles chaque partie (dont vous-même !) est susceptible d’adopter 2 comportements différents qui peuvent porter préjudice à vos objectifs. Face à un désaccord ou une remarque négative, l’être humain se sent agressé; sa réponse est alors soit le silence, soit l’agression en retour.
    Pour conserver une ambiance productive, assurez-vous de ne pas être sous l’emprise d’un trop plein d’émotions qui fait que vous adoptez un comportement inadapté. La solution est simple : écoutez votre corps. Généralement, on le ressent dans l’estomac (noeud) et dans la bouche (acidité). Notre rythme cardiaque s’accélère et notre faculté à réfléchir est diminuée alors que c’est à ce moment là que nous en avons le plus besoin.
    Apprenez à identifier les moments où vous êtes dans cette situation et essayez de sortir de cette phase destructrice du dialogue. Une fois que vous décelez que vous êtes en situation de réponse à une agression, soufflez profondément et posez-vous cette simple question : « Pourquoi une personne intègre et réfléchie serait amenée à me dire cela ? ». Ainsi, vous essaierez de comprendre le raisonnement de votre interlocuteur et ne le considèrerez plus comme un agresseur.

2. Faîtes savoir que vous comprenez

Écoutez calmement votre interlocuteur. Après avoir intégré son raisonnement, assurez-vous que vous l’avez réellement bien compris en reformulant son idée. De cette manière, vous êtes certains de cerner tous les éléments. Mais le plus intéressant dans cette phase est que vous montrez à votre interlocuteur que vous avez fait la démarche de le comprendre et implicitement que vous attendez qu’il en fasse de même. L’objectif est qu’il ne voit plus en vous un agresseur mais uniquement « une personne intègre et réfléchie » aux opinions différentes.

2. Faîtes des suppositions

    Il existe en ce bas monde des personnes qui se murent derrière le silence. Il est très difficile de les faire sortir de ce havre de sécurité. Vous êtes devant une impasse; comment comprendre une personne qui ne veut pas être comprise ?
    C’est bien simple, devinez ce qui motive/explique les comportements/idées de votre interlocuteur. Transformez légèrement la question de la partie 1 en : « Quel est le raisonnement qui amène une personne intègre et réfléchie à me dire cela ? ». Explicitez vos suppositions, observez les réactions de la personne en face de vous et modifiez vos réflexions en fonction. Il est indispensable de garder en tête que la personne est animée par des motivations cohérentes et constructives ; ce n’est pas si simple ! Petit à petit vous vous rapprocherez de la réalité et une fois que votre interlocuteur verra que vous l’avez compris (ou presque), il clarifiera vos idées. La conversation peut alors commencer. Attention, une remarque piquante, ironique peut le renvoyer immédiatement dans son silence protecteur.
   En appliquant ces techniques, il y a fort à parier que vous et vos interlocuteurs sortiez du schéma agresseurs/agressés.
    Une fois que vous aurez maîtrisé vos émotions et compris l’autre, ne reste plus qu’à vous faire comprendre. Nous verrons cela dans un prochain article.

“Les hommes peuvent atteindre un but commun sans emprunter les mêmes voies.”

(Amadou Hampâté Bâ)

Nous avons vu dans un article précédent des astuces permettant de comprendre nos interlocuteurs lors de conversations cruciales. Suite à cela, vous avez réussi à instaurer un climat propice au dialogue et comprenez maintenant les idées et arguments de chacun.

Cela ne veut pourtant pas dire que vous êtes d’accord avec ce que vous entendez. Afin qu’une décision intéressante soit prise à la fin de l’entretien, il est impératif que vous soyez compris à votre tour. Vous verrez dans cet article comment amener vos collègues, enfants, conjoint à comprendre vos arguments, idées ou projets.

1. Fixer un objectif commun

Élargissez votre champ de vision. Votre interlocuteur vous a présenté sa vision des choses et vous les avez assimilées.

Posez-vous ces questions : Quelles valeurs avons-nous en commun ? Quel but louable souhaitent atteindre les 2 personnes intègres et réfléchies que nous sommes ?

Ce peut être le bien de l’entreprise et de ses employés, un avenir motivant pour son enfant (et surtout pas l’avenir qu’on lui rêve !), une vie apaisée avec son voisinage….

2. Revenez toujours à l’objectif

Une fois l’objectif commun explicité et défini ensemble, gardez vos yeux et ceux de vos interlocuteurs braqués dessus. Nous avons tous tendance à penser que nos arguments, nos idées sont les meilleurs mais il y a souvent plusieurs chemins pour arriver à destination.

Dîtes-vous bien qu’il faut surtout atteindre un objectif et qu’il ne sert parfois pas à grand chose de défendre bec et ongles un point de détail. En effet, lors d’un échange, nous avons tendance à considérer que l’intégralité de notre raisonnement est le plus performant et on perd un temps précieux à le défendre. Ne concédez rien de l’objectif fixé au préalable mais sachez adopter d’autres méthodes pour l’atteindre.

3. Comparez les points de vue

    Vos visions sont maintenant partagées mais chacun campe sur ses positions. Comparez les points de vue et définissez ensemble lesquels permettent d’atteindre le plus sûrement l’objectif commun. Il y a forcément de bonnes idées dans chaque projet et vu que vous vous considérez comme des personnes intègres et réfléchies (cf. Les conversations importantes : Comprendre), il n’y a aucun doute que vous pourrez déterminer le meilleur plan d’actions qui soit.
    Voilà, lorsque vous entamez une conversation importante voire capitale, gardez en tête le pourquoi a lieu cette conversation. Est-ce pour avoir raison ou pour atteindre un objectif louable, un avenir plus radieux ? Pensez-y et rappelez-le à votre/vos interlocuteur(s).