Mai 2016. Comme beaucoup de personnes en ces jours de pénurie d’essence, je me suis retrouvé le réservoir quasiment vide à devoir patienter de longues minutes devant une station-service prises d’assaut par les automobilistes. N’ayant aucune distraction pour occuper mon esprit, celui-ci s’est mis à divaguer.

Loin de moi l’idée de faire ici de la politique, ce n’est ni le lieu ni le moment de rajouter une couche aux trop nombreuses théories sur les effets de la loi El Khomri. Non, j’ai assisté à un spectacle étrange qui m’a amené à réfléchir au dur métier de manager d’équipe.

Où est passé la solidarité ?

De longues files d’attente et l’instinct animal de chacun reprend le dessus. Il est clair qu’il n’y aura pas assez de carburant pour tous, quelle est la réaction de quelques (trop nombreux) automobilistes.

En voilà un qui remplit le réservoir de sa voiture ainsi que deux jerricans. Un autre qui cherche désespérément dans son coffre un récipient lui permettant de faire de même… quel bonheur, il trouve enfin deux bouteilles d’eau en plastique et décide de les remplir qu’importe que la moitié dégouline au sol. Un troisième au téléphone depuis quelques minutes se voit ravitaillé en bidons par 3 amis a peine prévenus qui font le plein de leur véhicule sans faire la queue. Que dire de ce tendre retraité qui patiente à pied dans la file et répond à la question “Monsieur, vous êtes en panne ?” par un laconique “Non, mais c’est au cas où”…

 

Bref un spectacle désolant ou l’intérêt des individus prime sur le général. Triste constat.

 

Malgré tous nos efforts pour créer de la cohésion au sein de notre équipe, le résultat ne se voit que le jour où survient un problème de taille. Les individualistes se révèlent dans ces moments et même s’ils sont peu nombreux, ils peuvent mettre à mal la qualité relationnelle de l’équipe et donc son efficacité. Bref, pendant les coups durs, votre équipe se délite lors des moments cruciaux.

 

 

Quel impact sur le recrutement ?

Dans vos critères, valorisez les candidats qui ont un véritable esprit d’équipe. Pour le savoir, je vous invite à les questionner sur leurs réussites. Les bons élèves répondront souvent :

– de manière humble, ne s’attribuant pas tous les lauriers.

– en utilisant les termes “on” et “nous” naturellement, sans se forcer.

– en évoquant avec enthousiasme autant le résultat que le travail d’équipe.

Gardez en tête que votre collaborateur doit s’intégrer à une équipe qu’importe les situations.

Que faire de nos loups solitaires ?

Le loup est déjà dans la bergerie. Il faut l’identifier et agir avant que la crise n’arrive. Ne surtout pas attendre que tout vous éclate au visage. Votre objectif est de déterminer les motivations qui peuvent pousser une personne à être individualiste.

– La peur ? peur de manquer d’essence, de ne pas être reconnue. Auquel cas, vous devrez la rassurer.

– Le manque d’empathie ? “j’ai plus besoin d’essence que les autres”, “Vu ma situation, je dois forcément avoir mes vacances pendant Noël peu importe les autres”… Il va falloir lui expliquer calmement les choses (même si elles semblent évidentes !) puis imposer au besoin.

– Le complexe de supériorité ? c’est simple, pour gagner, les autres doivent perdre. Là ce sera compliqué et si la personne n’y met pas du sien, il va falloir envisager quand c’est possible, de le diriger vers un poste plus solitaire. Attention, je parle ici télétravail, déplacements, expert hyper spécialisé d’un bureau d’étude pas de mise au placard ! Si ces options ne sont pas possible, envisagez la séparation.